17 – I love ma banque !

17 – J’adorerais pourvoir dire que j’aime ma banquière ou mon banquier !

En réalité, nos relations sont plus complexes, et plus subtiles.

Depuis la création d’entreprises, en passant par les phases de développement, la banque est un partenaire incontournable. Son premier rôle est évidemment de récolter et conserver l’argent gagné par notre activité commerciale, pour ensuite, pouvoir payer nos fournisseurs et partenaires, les salaires, ainsi que nos cotisations sociales et prélèvements obligatoires, sans oublier nos impôts.

On pourrait considérer la banque comme une plateforme de transition de l’argent gagné vers l’argent dû. La banque met à notre disposition des outils pour gérer cet argent et pendant longtemps nous avons considéré que la plupart de ces services étaient gratuits ou peu chers (frais de compte, chéquiers, …).

Seulement, après 2008, après une des plus graves crises financières dont tout le monde se souvient, les frais bancaires ont commencé à exploser, de nouveaux frais bancaires sont apparus : les fameux frais de mouvement par exemple. Ainsi, mon entreprise, en moins de 15 ans, a dû régler pas moins de 20 000 € de frais bancaires, avec pas ou peu d’agios.

Pourtant, il est quand même incompréhensible que des établissements (pas tous) responsables de la vente de produits toxiques (les fameux emprunts toxiques et produits dérivés) en soit arrivés à faire les poches des entreprises (et des particuliers) pour se renflouer, et ceci malgré le plan de sauvetage du gouvernement de l’époque.

Les banques sont des entreprises, certes soumises à de règles et des contraintes particulières, et à ce titre elles doivent afficher une rentabilité et dégager des bénéfices pour être crédibles et robustes. Le problème c’est qu’elles jouissent de leur situation de monopole sur l’utilisation et la mise à disposition de l’argent, dont nous avons besoin nous dirigeants d’entreprises pour exister et nous développer.

À la création d’entreprise, nous n’avons pas l’argent nécessaire pour nous équiper et démarrer. Nous l’empruntons à la banque si elle donne son accord et ce n’est pas toujours le cas. Combien de projets d’entreprise n’ont pas vu le jour parce que le risque était jugé trop incertain par les banques ?

Pendant les différentes phases de développements de l’entreprise, nos activités ont besoin de trésorerie, pour compenser les délais de paiement trop longs, d’autorisation de découverts, de crédits courts termes. Les banques sont souvent assez réticentes à financer de la trésorerie car il n’y a pas de filet de sécurité.

Nous sollicitons aussi des prêts pour l’achat de matériels. Les banques sont alors beaucoup plus enclines à prêter de l’argent puisqu’elle peuvent saisir le bien matériel en cas de non remboursement.

Évidemment, tout dépend de votre capacité de remboursement et de l’état financier de votre entreprise.

Normalement, nos comptes bancaires restent positifs tant que l’argent gagné dépasse la somme des frais, charges, salaires, cotisations, impôts etc… Tout se gâte, quand, pour des raisons de conjoncture économique, baisse des commandes, d’organisation interne, conflit avec un salarié, maladie du dirigeant, votre trésorerie fond comme neige au soleil et que vous venez solliciter votre banque pour un petit emprunt qui vous sauverait la mise.

Dans ces cas là, même si vous n’avez jamais été à découvert, le tapis rouge se dérobe sous vos pieds. Le parapluie, que dis je le parasol, se déploie largement pour vous faire comprendre que vous devez vous débrouiller tout seul, quitte à déposer le bilan. Alors qu’une facilité de caisse permettrait dans bien des cas de surmonter un problème ponctuel.

On ne prête qu’aux riches, est un adage d’autant plus vrai que vous dirigez une TPE. La crise sanitaire, parce ce que l’État s’est porté garant des emprunts sollicités par les entreprises, a montré que les banques ont continué à financer les entreprises. Et la catastrophe annoncée des faillites en série n’aura pas peut-être pas lieu.

En conclusion, puisque les banques sont nos partenaires privilégiés, qu’elles sont régulièrement soutenues par des mesures gouvernementales en cas de crise économique, financière, sanitaire, pourquoi n’acceptent-elles pas de prendre un peu plus de risques ?

Le risque de voir des TPE pérennisées et continuer à contribuer à la richesse de ce pays ?

Nos banques sont trop souvent des banques de dépôt et si peu des banques d’affaires, en tout cas pour les TPEs.

Prenez des risques avec les TPE ! Elles en valent le coup et le portefeuille.

I love ma banque !